
• Déchaînées • Raymond Vouillamoz • 2009 •
Adèle Haenel, lumineuse, prête ses traits à Lucy, une jeune fille, stagiaire pour une chaîne de TV suisse. Depuis que l’actrice a dénoncé les violences sexuelles dans le monde du cinéma en quittant les César en 2020 à l’annonce du meilleur réalisateur pour Roman Polanski, je vois la filmographie de l’actrice militante sous d’autres perspectives. Pionnière dans le mouvement Me Too en France, elle a aujourd’hui arrêté le cinéma, ce qui est bien dommage, au vu de son talent.
Dans ce film, Adèle Haenel, pétillante et vive, dans un jeu sans effort, découvre dans les archives TV de son travail, une jeune femme des années 70 qui lui ressemble comme deux gouttes d’eau. Interrogeant sa famille, elle se heurte à des réticences à évoquer un passé, semble t-il dérangeant, en particulier pour sa grand-mère. Militante, la femme aurait joué un rôle dans les luttes féministes de l’époque. Lucy, grande soeur d’une petite soeur et fille aînée d’une mère qui a élevé ses filles seules se retrouve attirée comme un aimant à cette femme lointaine mais qui lui semble si proche. Elle est déterminée à connaître le destin de cette femme, surtout après la découverte de sa propre grossesse, comme si elle cherchait sa place dans cet arbre généalogique constitué de femmes.
C’est un film simple, sans chichis, sur les choix rencontrés par les femmes, entre contraintes émotionnelles et volonté d’émancipation. Adèle Haenel capture à perfection la femme qui pose des questions importantes sur ce qu’est être réellement une femme.

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