
Chat noir chat blanc • Emir Kusturica • Yougoslavie, France, Allemagne • 1998
Dans une commune aux abords d’un fleuve, un père et son fils cherchent des combines pour se faire de l’argent. Le père finit par se faire arnaquer et est contraint de donner son fils en mariage à la soeur d’un truand.
Le film alterne intrigue amoureuse et sournoiseries des personnages dans un registre comique et agréable. On profite littéralement avec eux de la fraîcheur du fleuve, omniprésent dans le film comme quand le jeune homme apporte en nageant une glace à sa bien-aimée et se retrouve avec elle dans une bouée. Ce n’est pas par hasard si le début du film nous montre le héros en train de regarder par des jumelles : c’est un ailleurs rêvé, une meilleure vie que les personnages d’Emir Kusturica recherchent, certes, maladroitement mais déterminés, ce qui donne lieu à des situations cocasses. Le fleuve, lui, symbolise cette frontière entre l’ ici et l’ailleurs.
Tout au long du film, on a l’impression que les personnages vivent dans un îlot où tout le monde se connaît et que logiquement les choses vont se passer entre eux : mariage arrangé, prêt d’argent… Mais c’est sans compter le destin qui frappe là où on ne s’y attend pas. C’est un peu comme ces chats noirs et blancs que l’on voit surgir à plusieurs reprises.
Ainsi, l’histoire du film nous amènera le décès d’un personnage par deux fois. Mais même dans le malheur, le film continue de nous emmener vers du comique jubilatoire. De la canaille qui se drogue entourée de ses femmes au vieillard qui répète en boucle des répliques de films américains, on ne s’ennuie pas à suivre le cours de l’histoire qui est rythmé par la vivacité des acteurs.
Pas une séquence ne passe sans que l’insolite ou le ridicule d’une scène vienne nous égayer. Un optimisme qui rend le film d’Emir Kusturica unique et précieux.

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